mardi 19 novembre 2013

Une leçon d'histoire ...

Les Humains racontent qu'ils transmettent l'Histoire pour se souvenir et ne jamais reproduire les erreurs du passé.

"Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre" Winston Churchill

Cette belle leçon devrait aussi être véhiculer chez nous les rats, car notre Histoire est intiment liée à celle des Hommes, même si pour eux nous ne sommes considérés que comme des nuisibles.

Notre Histoire n'est pas toujours non plus très glorieuse, preuve en est dans le texte de Valentine Goby Kinderzimmer, qui raconte l'histoire de femmes au sein d'un camp de concentration, Ravensbruck, lors de la seconde guerre mondiale.

Attention âmes sensibles s'abstenir, le passage qui va suivre, fait partie de ses innommables, que nous voudrions plutôt oublier, que de raconter, que l'on ne s'imagine, et pourtant qui ont réellement existé.



"Irina maigrit, elle passe ses nuits couchée sous les châlits de la Kinderzimmer à chasser les rats affamés : ils griffent les bébés au sang, grignotent leurs phalanges, leurs lobes d’oreille, leurs orteils,  leurs nez, toute excroissance où planter les dents. Une fois, Mila voit Schwester Elena soulever les nourissons dans la Kinderzimmer, embrasser leurs joues, leurs ventres rebondis, leurs cuisses nues et bleues en riant de joie, et même en bercer un, les lèvres appuyées sur son front laiteux, on dirait une mère. Elle froote son nez contre le nez minuscule, un baiser esquimau, il y a dans ses yeux un éclat, une lumière effrayants tant elle semble sincère. Mais quand Schwester Elena découvre la petite Tchéque lacérée de plaies violines, brassiére poisseuse de lymphe, le nouveau-né hongrois aux narines rongées, les mains lépreuses, elle écarquille les yeux puis comprend - les rats - et a un sourire amusé : wie Schade ! quel dommage ! Elle appelle Schwester Eva, Eva, komm und sieh ! L'autre accourt, voit. Sabine demande du poison, Rattengift bitteschön. Für die Kinder ? Pour les enfants ? demande Schwester Elena. Puis elle secoue la tête avec un petit rire: Nein, nein, Ratten lieben frisches Fleisch ! - pas de poison pour les enfants, les rats préfèrent la chair fraîche."

Kinderzimmer, Valentine Goby, Éditions Actes Sud

mardi 29 octobre 2013

Rats rassemblez vous : un nouveau massacre à l'ordre du jour

Même si certains humains nous aiment, nous défendent et nous cajolent, d'autres nous méprisent, nous chassent, et nous tuent, ok nous n'avons pas tous de bonnes manières mais aujourd'hui nous vous apportons la preuve d'un nouveau massacre perpétré contre notre espèce :

Une planète dans la tête de Sally Gardner


"Papou avait perdu l'habitude de la politesse, et le cirque des manières ne l'intéressait pas vraiment. Il n'avait pas répondu, il avait visé, abattu le premier rat qui courait le long de la plinthe, puis le deuxième, puis le troisième.
Il s'était arrêté après que le septième de ces emmerdeurs avait été tué.
Papou faisait grand cas des chiffres.
Sept rats morts était un chiffre qui inspirerait le respect au roi des rats. Un rat mort et c'est toute sa famille qui se lance à vos trousses. 
Sept rats morts et ils comprennent qu'on ne plaisante pas."

Brrrr j'ai les poils qui se hérissent, mais rats soyez prudent, attention à vous ...

samedi 19 octobre 2013

Un livre à dévorer d'urgence : RATBURGER !

Bien chers lecteurs,

Attention, ouvrez grand vos yeux, je vais vous présenter un livre incontournable pour les rats et leurs fans (et peut-être ceux qui croient encore qu'on est des nuisibles...) Ca s'appelle Ratburger, ça sort dans une super collection, Witty, qui publie de véritables chefs d'oeuvres pour les jeunes humains (dès 9 ans) et c'est écrit par un auteur diablement talentueux, David Walliams.



Voici une video pour vous faire une idée du personnage :

(Si vous ne parlez pas anglais, demandez à un muridé de vous faire la traduction, car c'est bien connu, nous sommes anglophones dans l'âme)

David Walliams est un comique britannique renommé, mais aussi un écrivain de livres pour enfants. Je vous recommande vivement ses livres (Joe Millionnaire, Monsieur Kipu, Mamie Gangster...) tous très drôles! Et c'est pas parce que c'est destiné aux jeunes humains que vous, adultes, ne les apprécierez pas. Alors, vous savez ce vous reste à faire!

Ratburger arrive un peu comme un cadeau de noël en avance : notre auteur met en scène un tout jeune rat, le compagnon d'infortune de Zoé, une petite fille coincée entre une belle-mère qui passe sa vie sur le canapé à manger des chips arôme crevettes cocktail, et un papa un peu déboussolé depuis le décès de son épouse.

Voici Armitage... Je vous laisse découvrir comment Zoé a eu l'idée de le nommer ainsi!


David Walliams est bien conscient que nous n'avons pas bonne presse auprès des humains, jugez plutôt:

"Quand vous pensez au mot "rat", qu'est-ce-qui vous vient en tête immédiatement après?

Rat... vermine?
Rat... égouts?
Rat... maladies?
Rat... morsure?
Rat... peste?
Rat... mort aux ...?
Rat... tata-tsoin?"

Mais, même si on vous fait un peu peur (c'est notre queue, c'est ça?), le bébé rat qu'adopte Zoé devrait séduire le grand public : "Oui, c'était le plus mignon, le plus adorable, le plus minuscule petit raton que l'on puisse imaginer. [...] Avec sa petite truffe rose et frémissante, ses oreilles toutes douces et ses yeux immenses, profonds remplis d'espoir, ce raton-là aurait pu facilement remporter le premier prix de beauté dans un concours d'animaux nuisibles." Eh oui, David Walliams a tout compris et renverse habilement les préjugés qui nous collent au pelage :  une grande amitié va naître entre Zoé et Armitage.





Zoé va quand même devoir cacher son nouvel ami, ce qui va donner de nombreuses situations cocasses, comme lorsqu'il décide de goûter la pourtant peu ragoûtante Tina, la terreur de l'école...




... ou lorsque notre petit jeune se sent tellement à l'aise qu'il se perche sur la tête de sa maîtresse (Oui, on aime bien être en hauteur, parfois) :


En plus de dissimuler son petit pote, Zoé va devoir le protéger de l'ignoble Burt (que l'on voit sur la couverture du livre), fortement soupçonné de concocter des hamburgers ... au rat. Et ce qui est génial dans ce livre, c'est que cette grande aventure pour protéger un minuscule rongeur va permettre à notre héroïne de se rapprocher de son père...

En fait, il y a tout dans Ratburger : de l'aventure, de l'humour et de la tendresse aussi. Pas gnangnan, parfaitement amenée... du genre à nous faire aimer les humains!

Concernant le véritable héros pour nous, Armitage, il semble timide au premier abord, sauf lorsqu'il s'agit de se donner en spectacle :






Je vous en ai déjà trop dit! A vous maintenant de vous précipiter sur le livre... à moins que l'humour ne soit pas votre fort!

Et si vous êtes un humain qui pense encore que nous ne sommes que des "pigeons volants" (oui, oui, j'ai déjà entendu cette expression), je vous mets au défi de rester insensible devant ce passage :

"[Zoé] éleva Armitage devant son visage. Elle lui donna un tendre petit baiser sur la tête :
- Merci, lui murmura-t-elle. Je t'aime.
Armitage inclina la tête sur le côté et la regarda avec un adorable petit sourire de raton.
- Couic couic couiiic couiiiiiiiic, répondit-il.
Ce qui signifie, bien sûr, une fois traduit du rat : 
 - Merci. Moi aussi, je t'aime."



lundi 30 septembre 2013

Les créations de Stephanie Laberis : drôles et magiques!

Si certains humains considèrent que Facebook est une perte de temps, nous les rats sommes là pour vous prouver que parfois, on y déniche des petits talents!
Aujourd'hui, on vous présente Stephanie Laberis, qui va vous redonner le sourire!


Steph Laberis a la trentaine et vit à San Francisco. Elle aime les jeux vidéos, Ghibli, Disney et les trucs sucrés! Son boulot consiste à créer plein de personnages bien fun pour des jeux videos, mais vous allez voir que c'est une véritble touche-à-tout.

Si on a flashé sur elle, c'est parce qu'elle nous dessine divinement bien! Elle arrive toujours à nous saisir dans les moments où l'on fait les andouilles, et ça a beau être un dessin, on a l'impression que ses dessins vont sortir de l'écran! Jugez plutôt :



Ca, c'est un hommage à sa ratte Rocket, qui est partie pour le nuage de gruyère avec sa  cape de super-ratte!
Réalisé au stylo et à l'encre, ce dessin a été vendu aux enchères pour une collecte de fonds en hommage à l'illustrateur Ronald Searle
Et elle est aussi douée avec les aiguilles!




Pour cette dernière création, on peut la retrouver dans le petit film "Mochi gone mad" :


 

Bon, gardez bien en tête qu'ici, on ne vous a montré que ses inventions rattounesques. L'artiste dessine plein d'autres bestioles, des cochons d'inde, des chats, même vous les humains, vous n'êtes pas en reste!

Donc, un conseil, allez visiter ces sites : 
- http://stephlaberis.carbonmade.com : son site beaucoup plus pro où elle expose tout son travail. 
- http://stephsketches.bigcartel.com : sa petite boutique.

Et enfin, si vous voulez la suivre sur Facebook :  https://www.facebook.com/stephlaberisart/info

Allez, une dernière pour terminer, peut-être celle qui nous a le plus fait squeaker! Il est pas magnifique avec son slip rouge?




dimanche 29 septembre 2013

(Pi)rat(es) à l'attaque !!!!

Si les humains croient qu'ils ont le monopole de la piraterie ces 3 cases de Capitaine Anchois paru dans le magazine Spirou, devraient vous faire changer d'avis, amis rats, la piraterie vous appelle ....

dimanche 15 septembre 2013

[Roman jeunesse] Quatre campagnols et un rat.

Les amis,

Une fois n'est pas coutume, nous n'allons pas parler que de rats aujourd'hui. Les personnages de l'histoire que nous allons vous présenter sont des campagnols!

Les éditions Helium lancent une nouvelle collection, "Fiction Nature", comportant pour l'instant deux titres, L'incroyable destin de Quentin Libellule, et l'ouvrage sur lequel nous allons nous attarder : Le chant de la Grande Rivière.



Nous y découvrons Sylvan, jeune campagnol, qui découvre la vie au bord de la rivière, sous le regard bienveillant de leur mère, Daphné. Cette dernière leur apprend comment se nourrir et se méfier des prédateurs, ainsi que des autres campagnols, qui gardent jalousement leur territoire. Mais bientôt, Sylvan et ses frères et sœurs se retrouvent seuls. Ils vont devoir quitter leur terrier, espérant que Sinéthis, la grande rivière, leur sera bienveillante...

Ce roman s'adressant aux jeunes lecteurs (dès 9 ans) est un véritable coup de coeur! (et je ne dis pas ça parce que je suis un muridé). L'écriture est claire, tout en étant poétique, et nous fais découvrir comment vit le peuple des Chanteurs, et comment il doit constamment user de malice pour berner les hermines et autres animaux affamés. Les campagnols, comme vous les humains, ont aussi leurs croyances. Par exemple, ils croient en l'esprit de la rivière près de laquelle ils vivent, Sinéthis,comme vous vous croyez en un Dieu, et s'adressent à elle pour qu'elle leur porte chance.

Dans leur quête, nos jeunes chanteurs vont tomber sur une étrange bestiole... Jugez plutôt :

"Soudain, l'inconnu s'avança. Il était beaucoup, beaucoup plus gros que tous les campagnols que Sylvan connaissait. Il ressemblait à un Chanteur, mais en horriblement déformé. Il avait le visage pointu et ses oreilles, au lieu d'être plates et couchées, étaient arrondies et droites. Sa fourrure était d'un brun tirant sur le gris et sa queue, sans poils, fouettait l'air. Sylvan recula autant qu'il le pouvait. L'inconnu s'arrêta à quelques pas de lui et l'examina avec soin. Il avait un regard très intelligent, qui tranchait avec son langage décousu."

Voilà, nous venons de vous présenter Fodur, un rat tellement attachant que pour nous, c'est lui le héros de l'histoire (Oui, nous ne sommes pas du tout objectifs!).  L'auteur du livre, dans un grand souci de véracité, nous fait remarquer que campagnols et rats parlent une langue sensiblement différente. Ainsi, Fodur lorsqu'il s'exprime, mélange les mots de la phrase et utilise énormément d'infinitifs. Bon, certes, c'est un peu réducteur pour notre Fodur, qui au demeurant, parle sûrement très bien, mais on ne peut que saluer cette technique de l'auteur qui apporte encore plus de crédibilité à son histoire!

En tout cas, nous sommes devenus fans de ce personnage, qui après avoir essuyé de nombreux coups durs, reste toujours plein d'entrain et bienveillant envers les petits campagnols. On apprend ainsi avec horreur que sa famille a été décimée par un prédateur et désormais seul au monde et âgé, il décide d'accompagner les Chanteurs dans la quête d'un nouveau terrier. Il est dévoué au point de se faire passer pour leur père et d'attaquer le chef d'une troupe de rats, qui le blesse gravement. Et lorsqu'il se jette à l'eau pour fuir le danger, vous allez trembler pour lui pendant de nombreuses pages...

Bref, Fodur, est un grand Rat, d'une loyauté à toute épreuve, très émouvant, qui se moque que les petits campagnols n'appartiennent pas à la même race que lui. Il les aime tout simplement, et les protège toujours, quoi qu'il arrive.
D'ailleurs, si vous le croisez au détour d'une balade à la campagne, n'hésitez pas à nous envoyer une photo!

On espère qu'il réapparaitra dans la suite des aventures des Chanteurs, prévue pour l'année prochaine.
En attendant, voici la photo de l'édition originale, que nous préférons à l'illustration de Ping Zhu utilisée pour la version française :


Amédée, rat, dandy et danseur


 La preuve en images, nous aussi les rats, nous pouvons être classes.






Un rat dandy, et danseur que nous avons découvert dans La fièvre du mercredi après-midi  de Didier Lévy et Thomas Baas aux éditions Tourbillon.